Productions végétales

 Rencontre technique pulvérisation :
8 pulvérisateurs agréés anti dérive testés au CEFEL

Le parc matériel se renouvelle essentiellement avec des appareils agrées anti dérive. Quels sont les appareils proposés localement, quelles sont leurs performances en matière de qualité de pulvérisation et de débit de chantier ? Quelques éléments de réponses suite à la “rencontre technique” pulvérisation du 16 septembre dernier organisée par la Chambre d’Agriculture et le Cefel. Lorsqu’il s’agit de renouveler un pulvérisateur, l’évolution de la règlementation sur la dérive (ZNT eau, DSR riverains…) et le ciblage des subventions orientent fortement le choix vers des “matériels agrées anti dérive”. En effet, seul ces types de machines permettent, moyennant de satisfaire également à d’autres conditions (présence de haie…), de réduire ces Zones de Non Traitement et ces Distances de Sécurité Riverains à 5 m …alors qu’elles peuvent être de 20 voire de 50 m en fonction des produits pour les ZNT et de 10 à 20 m pour les DSR. (Voir action agricole du 27 août 2021).

Les 8 appareils testés :
Aujourd’hui, plus de 70 modèles de pulvérisateurs arboricoles ont reçu l’agreement anti dérive. Et parmi ceux qui sont distribués localement, 8 étaient présents au CEFEL, dont 4 appareils à double turbines, 3 appareils à simple turbine et 1 appareil à 4 “turbines à aube”. Il s’agit pour 7 machines d’appareils trainés et pour une d’un pulvérisateur porté (en cours d’agréement). Tous les appareils présentés sont équipés de volutes (2.25 à 2.85 m de hauteur) destinées à diriger l’air et à réduire théoriquement la dérive. Ils sont également tous équipés de pompes à membranes, moins sensibles à certains produits utilisés en AB (argiles) que les pompes à piston. Tous les pulvérisateurs étaient également équipés d’un attelage pivotant, d’un DPAE et 4 machines étaient pourvues d’un double essieu.

Article écrit par Jean-Louis Sagnes Chambre d’agriculture 82 Sébastien Ballion (CEFEL)

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 Matériels : Des pulvérisateurs agréés anti dérive

Depuis une dizaine d’années, la règlementation sur les produits phytosanitaires et leur application, de plus en plus stricte et contraignante, amène de nombreux arboriculteurs à repenser leur parc matériel. D’autant plus que les aides à l’investissement ciblent clairement les machines les plus vertueuses en matière de performance environnementale. Revenons une quinzaine d’années en arrière. A l’époque, l’arrêté du 12 septembre 2006 crée beaucoup d’émoi dans les campagnes en basculant dans le champ règlementaire de nombreuses “bonnes pratiques” qui étaient jusque-là du domaine de la recommandation. Citons l’interdiction de traiter avec du vent de force >3, le rinçage des emballages, la vidange des fonds de cuve etc… Il n’était plus conseillé mais obligatoire de respecter ces bonnes pratiques…C’est également cet arrêté qui introduit la notion de Zone de Non Traitement (ZNT) en bordure de cours d’eau, et par conséquent la notion de dérive et de réduction de la dérive. Et quelques années plus tard, en 2008, le Grenelle de l’environnement instaure le contrôle périodique des pulvérisateurs.

Réduire les ZNT
Force est de constater que depuis, les contraintes règlementaires n’ont fait que se renforcer au fil des différents arrêtés et des différentes lois, tant françaises qu’européennes. Après plusieurs années de “mise en route “ du dispositif pendant lesquelles de nombreux produits n’avaient pas encore leur ZNT “eau”, aujourd’hui, tout est en place. Tous les produits phytosanitaires ont une ZNT “eau”. Et, progressivement, d’autres types de ZNT sont en train de se mettre en place. Une ZNT “arthropodes” et une ZNT “plantes non cibles”, qualifiées également de ZNT “terrestres”, pour protéger la biodiversité en bordure de parcelles, sur les zones non cultivées, commencent à apparaitre sur les étiquettes des nouveaux produits. Plus récemment, depuis la loi d’avenir et l’arrêté de décembre 2019, des Distances de Sécurité Riverains (DSR) à proximité des zones sensibles (écoles, maisons de retraites, hôpitaux…) et des habitations ont été établies pour l’ensemble des produits. Et le contrôle des pulvérisateurs est passé de 5 ans à 3 ans depuis janvier 2021 avec quelques points de contrôle en plus. Pour satisfaire à ces différentes exigences, la question du renouvellement du (des) pulvérisateur(s) peut se poser. En effet, un appareil neuf permet de s’affranchir des contrôles de pulvérisateurs pendant 5 ans. Et une des conditions pour pouvoir réduire les ZNT (et les DSR), c’est d’utiliser un appareil agrée “anti dérive”. Pour mémoire, les ZNT en bordure de cours d’eau peuvent varier, en fonction de la toxicité des produits sur la faune et la flore aquatique, de 5 à 50 m (nous n’avons plus aujourd’hui dans nos locaux phyto de produits avec des ZNT de 100 m) ; et les Distances de Sécurité des Riverains à proximité des habitations de 5 à 20 m. Un pulvérisateur agréé est une des conditions pour réduire ces ZNT et ces DSR à 5 m. Et donc, dans de nombreuses situations, pouvoir continuer à traiter ses parcelles en limitant l’impact sur l’homme et sur l’environnement et en respectant autant que faire se peut la règlementation

Article écrit par JL Sagnes, CA82

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 Oenologie Les années se suivent 
mais les millésimes ne se ressemblent pas...

Faisons un point sur l'état des vignes en Sud-Ouest/Nouvelle-Aquitaine : D'après la note de saison N°3 du SRDV “Sociéte de recherche et de développement viticole”

Le stade Taille de pois
Le stade Taille de pois est un stade à « mi-parcours ». C’est le dernier stade où la lecture concernant les éléments des organes jeunes est intéressante (azote, phosphore). C’est aussi le début de la caractérisation de l’équilibre potasso-magnésien.

Contexte climatique
Le millésime 2021 a connu un début de cycle dans l’ensemble pluvieux et frais. Le cumul pluviométrique depuis le 1er mars enregistré à la station de St Julien de Beychevelle est de 411mm (396 en 2020), dont 355mm tombés entre le 1er mai et le 22 juillet (170 en 2020). Quant aux sommes de températures, on accuse un retard de presque 120 degrés jours sur cette station par rapport à l’année dernière. Cela représente autour de 8-10 jours de retard à ce jour. Les 10 jours d’augmentation des températures relevées entre fin mai et début juin ont heureusement permis une reprise de la croissance végétative avant le début de l’été, jusque-là au ralenti. Cela n’a toutefois pas relancé suffisamment l'activité de minéralisation, notamment sur les sols au réchauffement plus long. Du fait des fortes quantités d’eau entre mi juin et fin juillet, les sols ont du mal à ressuyer sur les parcelles les moins drainantes et des signes d’asphyxie racinaire sont visibles (notamment sur les sols argilo-calcaires). La pression fongique est parfois très forte (Mildiou sur feuille et grappe, Black rot par endroit), encore aujourd’hui alors que le début de la véraison s’annonce.

Eléments minéraux majeurs 
Les assimilations en azote sont les plus faibles au stade Taille de pois depuis le début des mesures en Nouvelle-Aqui-taine/Sud-Ouest (2015). Le mauvais ressuyage des sols et le maintien des températures basses n’a pas permis la remobilisation de l’azote par la vigne. S’il est intéressant de ne pas avoir des niveaux d’azote trop importants afin de favoriser la synthèse des polyphénols, il ne faut pas non plus qu’ils soient trop bas au risque de pénaliser le développement des fruits et la capacité de fermentation des moûts (faibles azotes assimilables). Des apports sont encore pertinents à ce stade compte tenu des valeurs faibles, en particulier sur les parcelles montrant à ce stade des difficultés de pousse. Les assimilations en potassium et magnésium sont aussi parmi les plus basses depuis 2015. Si une assimilation modérée en potassium est recherchée sur les cépages précoces pour ne pas aboutir à des vins aux pH trop élevés ou pouvant parfois manquer de fraîcheur, ces bas niveaux risquent d’engendrer des difficultés de maturation sur les cépages plus tardifs. Le potassium étant un élément très mobile dans la plante, des apports foliaires sont possibles jusqu’à 10-15 jours avant la récolte. Les bas niveaux de magnésium, quant à eux, peuvent limiter la photosynthèse ainsi que la synthèse des polyphénols (tanins, anthocyanes) en fin de cycle. L'épisode de gel du printemps dernier a créé un décalage de développement au sein des parcelles. Les maturités lors des prochaines vendanges seront donc également hétérogènes. C'est pourquoi, il est plus que jamais nécessaire de préparer en amont la logistique de vendange et les orientations produits de chaque parcelle. Pour obtenir une vision d'ensemble du vignoble et orienter ses choix stratégiques, la cartographie NDVI (carte de vigueur) est un appui pertinent qui permet de :
• Caractériser les différences de vigueur intra/inter parcellaires suite au gel,
• Prévoir l'orientation des parcelles selon les zones et l'impact du gel (rosé, rouge...),
• Apporter une correction tardive pour homogénéiser la maturité.
• Organiser un échantillonnage pour des contrôles de maturité différenciés. Les paramètres comme l'azote assimilable, le degré potentiel et le potassium sont particulièrement pertinents à contrôler cette année.

Article écrit par S. Brun, responsable Laboratoire