Productions végétales
Publié le 24 novembre 2025MELON
Les variétés pour la campagne 2026
La variété conditionne en grande partie la réussite de la culture. Une variété performante doit combiner un bon potentiel de rendement, une belle présentation externe et de bonnes qualités gustatives telles que les arômes et la teneur en sucres (IR). La variété doit être adaptée aux créneaux de production, aux conditions pédoclimatiques pro-pres à chaque exploitation, ainsi qu’aux attentes commerciales. Trouver l’équilibre entre ces paramètres permet d’optimiser la qualité et la rentabilité de la production. Le choix variétal demeure un levier essentiel pour réussir la culture du melon tout en limitant les intrants. Le levier génétique joue un rôle déterminant dans la maîtrise des bioagresseurs. Certaines variétés présentent une haute résistance (HR) ou une résistance intermédiaire (IR) au fusarium race 1-2, aux oïdiums, ou encore à la colonisation par le puceron Aphis gossypii (Ag). Des différences de comportement sont également observées face à d’autres maladies comme la bactériose, le mildiou ou la cladosporiose. L’ensemble de ces comportements font l’objet d’un suivi attentif au CEFEL, à travers des expérimentations menées, ainsi que des observations sur les parcelles de production.
Chaque année, le Guide Variétés Melon du Sud-Ouest est élaborée à partir des observations du Groupe Technique Melon Sud-Ouest et des résultats expérimentaux obtenus par le CEFEL.
Nouveautés
Pour le guide variétés 2026, deux nouvelles variétés font leur apparition : Allegreto et Revel 160.*
Anastacia Clauzier - Chambre d’Agriculture 82
*Leurs principales caractéristiques et leurs positionnements techniques sont présentés dans le journal n°1630. Télécharger votre bulletin d'abonnement ici.

Publié le 10 novembre 2025KIWI BIO
Une matinée de conseils sur le terrain
La pluie n’aura pas découragé les participants à cette rencontre technique mardi 21 octobre dernier à Castelmayran. La Chambre d’agriculture 82 donnait rendez-vous aux agriculteurs intéressés par la production biologique de kiwi. Au programme de cette matinée : conseils pour l’implantation d’un jeune verger ou pour la conversion, mais aussi itinéraire technique idéal, points de vigilance, visite de parcelles et distribution d’un nouveau guide. Organisée dans le cadre du programme « Anim’Bio », l’événement était aussi ouvert aux producteurs des autres départements de la région Occitanie qui souhaiteraient se diversifier.
Alain Abbondio, producteur de pommes sur 28 hectares, recevait le groupe sur ses deux parcelles de kiwis. Sur la première, 4 hectares au total plantés progressivement, avec les premiers pieds datant de 1999 ; la conversion vers l’agriculture biologique (AB) s’est faite en 2010. Quant à la seconde parcelle visitée, il s’agissait d’un hectare, planté en 2021 en AB. L’ensemble de la production est commercialisé via l’organisation de producteurs (OP) Quercy Lomagne.
Bien se lancer
Jean-François Larrieu, con-seiller arboriculture fruitière à la Chambre d’agriculture, et Jean-Jacques Lantourne, technicien de l’OP Quercy Lomagne, prodiguaient de précieux conseils. D’abord le choix de la parcelle : un bon équilibre sable / argile / limon est nécessaire annonçait Jean-François Larrieu. « Le plus important c’est le choix du terrain. Si vous avez de très bonnes terres, c’est là qu’il faut mettre le kiwi ! » ajoutait Jean-Jacques Lantourne. Le mieux étant de réaliser une analyse de sol en amont. Penser aussi à installer le kiwi proche de son habitation. En effet il demande un entretien très régulier, surtout les premières années. « Je dirais presque que c’est une culture de devant de porte ! » s’exclame le technicien de l’OP. Attention également aux plants et aux variétés, bien choisir son pépiniériste donc. Et commencer avec la variété Hayward, sa conduite étant plus facile, confiaient les deux professionnels. Ils citaient aussi les ennemis principaux de cette culture, l’asphyxie racinaire : d’ailleurs « le kiwi n’aime ni les excès d’eau, ni la sécheresse ! ». Ils conseillaient ainsi une irrigation adaptée, et installée dès l’implantation de la culture. Il craint aussi le gel, et le vent car rappelons que le kiwi est une liane qui peut donc casser facilement. Les rongeurs, qui s’attaquent aux racines, préoccupait un producteur présent qui venait chercher des retours d’expériences. Ils seraient moins présents en production biologique, les hypothèses étant que ces ravageurs seraient dérangés par le travail du sol et trouveraient de quoi se nourrir sur l’inter-rang. Néanmoins chaque situation étant unique, la présence ou non de ces ravageurs peut s’expliquer par d’autres éléments propres à la parcelle.
Autre facteur important : la pollinisation. Si cette dernière ne se fait pas correctement, « le kiwi sera rond et donc invendable » met en garde le technicien de Quercy Lomagne. Veiller donc à ouvrir les filets au bon moment. Un producteur précisait que bourdons et ruches ont l’avantage d’être complémentaires, ne pollinisant pas en même temps. Des recommandations quant à l’éclaircissage, à la longueur des cannes ou encore à la taille étaient aussi données. Le guide distribué synthétise clairement tous ces points de l’itinéraire technique du kiwi, et plus particulièrement en agriculture biologique. Pour le consulter, rendez-vous sur le site de la Chambre d’agriculture 82, rubrique s’informer/arboriculture/nos guides.
Raphaëlle Lenoble

Publié le 27 octobre 2025RENCONTRE TECHNIQUE
La haie champêtre alliée de l'arboriculture
Jeudi 9 octobre dernier, la Chambre d’agriculture de Tarn-et-Garonne, l’association Campagnes Vivantes 82 et la fédération départementale des CUMA organisaient une rencontre sur le rôle des haies en arboriculture. Le rendez-vous était donné entre deux parcelles de pommiers de la SCEA « Brun production » à Asques, au pied d’une haie d’une vingtaine d’années, composée principalement de cornouillers sanguins, noisetiers, chênes, charmes et érables, plantée pour « casser le vent » et développer un pont entre les bois alentours, créant un corridor écologique profitable aux cultures. Sujet central de la rencontre, une fiche technique relative aux auxiliaires pouvant être accueillis par les haies pour lutter contre certains ravageurs, était présentée.
La plaquette en question sera bientôt mise en ligne. Les participants à cette demi-journée l’ont ainsi découverte en avant-première. Co-construite grâce aux compétences de chacun, l’expertise des différentes essences d’arbres et arbustes de Cam-pagnes Vivantes et la connaissance des ravageurs et auxiliaires des conseillers de la Chambre d’agriculture, cette fiche technique recense les essences arbustives ou arborées, adaptées au territoire du Tarn-et-Garonne, et pouvant héberger des auxiliaires susceptibles de réguler des ravageurs de cultures. Une bonne base d’informations donc, à ensuite adapter à son exploitation.
De nombreux atouts
Réservoir pour accueillir la biodiversité, une haie présente de nombreux atouts pour la protection des cultures. Néanmoins il est nécessaire de réfléchir son projet en amont afin d’implanter des essences locales, et qui pourront se développer dans le contexte pédo-climatique spécifique de l’exploitation. Réfléchir aussi aux types d’essences à installer en fonction de l’objectif de gestion sanitaire visé et des cultures en place. Attention aux espèces qui pourraient au contraire attirer des ravageurs ou maladies. Citons par exemple l’églantier qui aura l’avantage d’accueillir des auxiliaires tels qu’araignées, coléoptères, hyménoptères parasitoïdes ou hémiptères, mais qui pourrait aussi héberger des bioagresseurs des rosacées, à limiter en pommiers ou poiriers, de la même famille botanique. Un autre exemple : le troène des bois hôte de la sharka et du puceron vert, attention en vergers de pêchers, pruniers et abricotiers. Néanmoins, Julie Cadot, conseillère arboriculture fruitière, ajoutait que l’on peut « tolérer un peu de présence de ravageurs pour bénéficier de la présence d’auxiliaires ». Diversifier les essences permet aussi de diversifier la faune hébergée, rappelait Audrey Bêche, chargée de projets à Campagnes Vivantes. De plus, implanter la haie au coeur du verger est idéal précisait J. Cadot. En effet « pour une régulation optimale, l’INRA a montré que la haie doit être très proche de la culture ».
Non seulement la haie peut donc être un outil susceptible de réguler les ravageurs par la présence d’auxiliaires, mais elle attirera aussi des oiseaux. « La mésange prospecte jusqu’à 1 000 arbres par jour », à la recherche d’insectes, indique Campagnes Vivantes. Ou encore de petits mammifères prédateurs des campagnols, grands amateurs de racines d’arbres fruitiers. Les avantages d’une haie ne s’arrêtent pas là : elle joue aussi un rôle de brise vent, avec « une protection estimée jusqu’à 15 fois sa hauteur », et limite l’érosion. Et enfin elle abrite des pollinisateurs tels que les bourdons ou les abeilles sauvages.
Entretien
La régularité : maître-mot pour l’entretien de sa haie. « Anticiper pour que cela ne devienne pas trop contraignant », conseillait Etienne Britis de l’association Campagnes Vivantes, présentant aussi la composition de ce type de haie en verger, la taille de formation à réaliser dès la première année ou encore l’intérêt des trognes, résultats d’un type de taille provoquant le développement de rejets. Il abordait également le label haie, certifiant d’une gestion durable de la haie par l’agriculteur, et lui donnant accès à une valorisation au niveau de la PAC. L’accompagnement pour préparer le dossier à présenter à l’organisme certificateur peut être réalisé avec l’association.
Mattéo Vivier, de la fédération départementale des CUMA, détaillait les différents outils adaptés à chaque usage : lamier à couteaux ou à scies, sécateur hydraulique, perche d’élagage, épareuse…
Raphaëlle Lenoble

L’association Campagnes Vivantes explique comment bien entretenir sa haie
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