Elevage
Sanitaire : L’ALMA, un appui indispensable
pour sécuriser les éleveurs
Jean-Philippe Viguié, président de l’ALMA a invité les éleveurs et les partenaires mardi 28 mars à la salle des fêtes de Saint-Amans, à Molières à assister successivement à la réunion du conseil d’administration puis à l’assemblée générale. Ces deux réunions ont permis de revenir sur l’activité sanitaire et Identification de l’année 2022, de faire un tour d’horizon des actualités sanitaires et d’évoquer les projets pour 2023. « Prévention globale, politique prophylactique générale et biosécurité sont les clés pour éviter tout accident de parcours. L’appui administratif et le conseil terrain que peut fournir l’ALMA aux éleveurs du département sont plus que jamais indispensables. » a déclaré le président, Jean-Philippe Viguié dans son rapport moral. Corinne Pichou, responsable administrative et technique de l’ALMA a présenté le bilan des actions sanitaires réalisées en 2022 et exposé les nouvelles orientations prises sur certaines maladies.
Avancer sur l’I.B.R.
En ce qui concerne les bovins, elle a notamment insisté sur l’I.B.R., dans la perspective du statut « France indemne » en 2027. Au 23 mars 2023, le Tarn-et-Garonne comptait encore 307 bovins positifs, a-t-elle précisé. « Il faut avancer sur l’I.B.R. » a souligné le président, alors que de nouvelles circulations sont constatées. Il a également été question de la tuberculose, pour laquelle une zone de surveillance est maintenue dans des communes limitrophes du Lot-et-Garonne. « La contention, c’est un sacré boulot ! » a témoigné Philippe Comte, trésorier de l’ALMA dont l’élevage est situé dans ce secteur. Il a été précisé qu’il n'y a pas eu de foyer sur le département durant l’année 2022. Toutefois « au niveau national, on n’est pas loin des 150 cas, et au-delà la France perdra son statut indemne. » Au titre de la section avicole, un point d’étape a été fait sur la situation Influenza aviaire dans le département qui a été concerné par quatre cas et également impacté par des foyers de départements voisins. La situation est en voie de normalisation en Tarn-et-Garonne. Plus généralement, c’est « le problème de la persistance durant l’été » qui suscite l’inquiétude. Il a été rappelé que l’adhésion à l’ALMA permet de bénéficier des aides du Conseil départemental sur les frais d’analyse, Influenza aviaire mais aussi Salmonelle.
Département et Crédit Agricole partenaires
Au titre des aides du Conseil départemental, Jean-Philippe Viguier a annoncé : « L’année prochaine, chose exceptionnelle, les éleveurs ne paieront aucun frais sur les analyses, déjà partiellement prises en charge les années précédentes, qu’ils réaliseront auprès du GIP Public Labos. » Outre l’engagement du Département en faveur de l’élevage, il a souligné celui de la Caisse Régionale de Crédit Agricole Nord Midi-Pyrénées qui s’investit dans la « Caisse coup dur ». « Un partenariat qui a du sens. » a déclaré Corinne Gombao qui représentait Michel Parriel, vice-président de la Caisse Régionale, lors de la signature de la convention avec l’ALMA.
Dominique Forneris
Palmipèdes gras - influenza aviaire :
Des éleveurs soumis à une violence économique et psychologique
« C’est très bizarre ! » Tristan Cordier montre les étagères quasiment vides du local où sont entreposées les conserves de foies gras et autres préparations à base de canard gras. En ce 13 décembre, à l’approche des fêtes de fin d’année, elles devraient être bondées. « Normalement, demain devrait être notre plus grosse journée de l’année. » Mais cette année, rien n’est normal. Les parcours sont pleins d’herbe, quelques moutons y ont pris la relève des canards ; les bâtiments d’élevage loin d’être remplis. Il a quand même pu rentrer 1 100 canetons d’un jour, 300 fin novembre, 800 la veille de notre rencontre, en provenance d’un couvoir situé en Vendée où il se sert habituellement, « avec laisser-passer, rentrer des canards c’est administrativement très compliqué ». Ils seront prêts au printemps. Si tout va bien. Car dans 28 jours, des analyses devront être faites sur les derniers arrivés et si un écouvillon s’avère positif, ils devront tous être abattus. « Tout peut s’arrêter du jour au lendemain, il y a une inquiétude quotidienne, une violence psychologique. »
Tristan Cordier travaille avec ses parents et son oncle. La Ferme de Péchevy, située à Monclar-de-Quercy élève, transforme et commercialise 4 000 canards. Cette année, il leur manque 2 900 canards qui auraient dû rentrer entre juin et août. Le calcul est simple : ils ont perdu 70% de leur chiffre d’affaires. « On ne sera probablement jamais indemnisé. Les élevages des zones indemnes sont exclus des dispositifs d’indemnisation. » Il n’y a pas eu d’abattages durant 9 mois, le stock est épuisé. Leur mode de commercialisation en vente directe les amène à recevoir de nombreux appels téléphoniques pour des commandes : « Les clients ne sont souvent pas du tout au courant de notre situation. Ils voient les supermarchés pleins de choses qui viennent de l’étranger, pensent que la grippe aviaire est finie. Et après avoir reçu les explications, ils sont tristes pour nous et pleins de regrets car il y a une association très forte entre le foie gras et les fêtes. »
Filière menacée
Lui qui est président de l’AVP 82, l’association des éleveurs de palmipèdes gras et bien qu’elle soit actuellement « en dormance à cause de la violence de la crise », conserve une attention et une vision collective sur la situation tarn-et-garonnaise : « Je prends le temps de dire que la situation est très compliquée pour les éleveurs. » Il fait référence aux investissements réalisés pour les mises aux normes liées à l’influenza aviaire, « beaucoup ont emprunté ». Il relate une estimation qui fait état de 50% de mises en place réalisées de mai à septembre, « les mois où l’on met en place pour les fêtes » et sur ces 50 %, il y a une part non négligeable de canettes : « Les gens sont désespérés, certains ont pris ce qu’ils ont trouvé pour ne pas perdre leurs clients. Le foie des canes est rouge, innervé et plus petit, le gavage marche plus ou moins bien. » Et de résumer le contexte tarn-et-garonnais pour les fêtes : « Il n’y en aura peut-être pas pour tout le monde ou pas forcément de la qualité voulue. »
Il regrette que les couvoirs aient été laissés libres de s’organiser à leur guise : « Ils ont servi prioritairement les gros industriels ou choisi de faire des rotations. Il y a des éleveurs qui ont eu zéro rentrée, d’autres une puis plus rien. En Tarn-et-Garonne, nous sommes 80% à être des petits producteurs indépendants, nous n’avons pas la possibilité de négocier. » Il explique que les couvoirs ont maintenant retrouvé un rythme de production presque normal mais que, du fait de la multiplication des zones réglementées en raison de la multiplication des foyers, ils peinent désormais à vendre leur production.
Il attend que la vaccination, dans laquelle il met beaucoup d’espoir, soit ciblée prioritairement sur les couvoirs et ajoute : « il faut que l’Etat prenne des mesures pour protéger les six sites encore plus sensibles d’élevage de grands-parentaux ».
Tristan s’inquiète aussi pour l’avenir de la filière du département. « Le renouvellement des générations est arrêté net. Quel jeune va vouloir s’installer avec une production si aléatoire, dans une folie pareille ? » Lui-même, âgé de 27 ans, déplore de n’avoir « même pas le luxe de se poser la question de son avenir ».
Dominique Forneris
Les acides gras du lait Utile
pour l’alimentation de votre troupeau ?
Traceurs de la qualité et de l’équilibre de la ration
Les mécanismes de production des acides gras du lait sont aujourd’hui de mieux en mieux connus. En effet, les acides gras que l’on retrouve dans le lait proviennent à la fois directement de la ration, mais également des fermentations ruminales ou encore de la mobilisation des réserves corporelles. L’alimentation de la vache laitière a donc un impact important et instantané sur le profil en acide gras du lait. On peut ainsi facilement voir à travers les acides gras une apparition de problèmes alimentaires et comprendre leurs origines (manque d’ingestion, faible concentration énergétique de la ration...) et cela de façon très rapide. Permettant ainsi de limiter leurs impacts en apportant des solutions correctives. De plus, grâce aux acides gras, on peut également apprécier l’efficacité d’une transition alimentaire. A l’heure actuelle, les organismes de conseil en élevage utilisent les 3 critères suivants :
• L’ingestion
• La digestion
• Le déficit énergétique
Quel lait est analysé et où les résultats sont disponibles ?
Aujourd’hui dans Optilait, les acides gras sont analysés et valorisés de deux manières différentes mais complémentaires :
Echantillon individuel du contrôle de performance :
Comment : A la vache
Pour qui : tous les éleveurs au contrôle laitier
Quand : une fois par mois
Valorisation : Milk’lic, onglet «nutrition Lait’Age»
LE + : Analyse individuelle et par stade de lactation
Echantillon du paiement du lait :
Comment : A l’échelle du troupeau
Pour qui : tous les éleveurs qui livrent en laiterie
Quand : au moins 1 fois par semaine
Valorisation : le logiciel du conseiller
LE + : Analyse régulière permettant plus de réactivité
Article écrit par l'équipe bovins lait de la Chambre d'agriculture 82
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