Productions végétales

Tournesol ou soja en dérobé une opportunité qu’il faut anticiper : Recommandations pratiques

Malgré l’augmentation des charges, l’intérêt économique des cultures dérobées tournesol ou soja  s’est accru en 2022 compte-tenu de prix de vente des graines très élevé. Si l’estimation de la marge est alléchante, la mise en œuvre d’une culture en dérobé est conditionnée par des contraintes techniques et nécessite de l’anticipation. C’est ce que nous avions vu lors des Mardi Pour Produire sur les cultures dérobées du 1er octobre 2019 (cf photo). Tour d’horizon des recommandations avec Terres Inovia.

Tournesol ou soja en dérobé ne convient pas à toutes les situations

Tournesol : Un tournesol tous les 3 ans, c’est la fréquence de retour conseillée du tournesol dans la rotation. Il est donc recommandé de rester prudent dans les rotations intégrant fréquemment du tournesol en culture principale. De plus, et bien que règlementairement autorisée, la succession tournesol-tournesol reste déconseillée au regard du risque sanitaire qu’elle représente (mildiou notamment).
Tournesol et soja : - L’irrigation est indispensable. En conduite pluviale, leur réussite du tournesol est beaucoup trop incertaine. Pour le soja en dérobé, les besoins en eau d’irrigation du soja débutent dès le semis. - Le précédent doit libérer la parcelle tôt : le tournesol dérobé n’est envisageable qu’après une culture d’hiver récoltée tôt : un pois d’hiver précoce, une orge d’hiver (escourgeon) précoce, un ail voire un blé très précoce, ou une culture spécifique comme un colza semence fauché et andainé. - La structure du sol. Cette seconde culture est envisageable à condition que la structure du sol soit correcte car il faudra le travailler a minima afin de conserver l'eau résiduelle. Anticiper les préparatifs et choisir de préférence des variétés très précoces Mettre en place une culture en dérobé permettant de cultiver trois cultures en deux ans, relève d’une stratégie d’opportunité. Sa réussite passe d’abord par la commande anticipée des semences de précocité adaptée et suffisamment tôt pour semer rapidement à la récolte du précédent. Eventuellement, il est envisageable de récolter le précédent légèrement plus précocement suivi d’une ventilation séchante, voire du séchage de la récolte (cas d’une orge).
• Pour le tournesol, le semis devra être réalisé (de préférence avec une variété très précoce) au cours des deux dernières décades de juin et au plus tard le 05 juillet : avec une variété précoce le semis peut être réalisé jusqu’au 25 juin, possible jusqu’au 1er juillet ; avec une variété très précoce le semis peut être réalisé jusqu’au 1er juillet, possible jusqu’au 5er juillet.
• Pour le soja : Semer le plus tôt possible avec une variété de groupe 0 (avant le 5juillet), 00 ou 000 (avant le 10 juillet), 1 jour de gagné au semis c’est 4 jours gagnés à la récolte. Les variétés de groupe I sont déconseillées. Adaptez la densité pour viser un objectif de peuplement de 450 000 plantes pour un groupe 0, 500 000 et 550 000 pour un groupe 00 et 000 respectivement.

Article écrit par Ingrid Barrier, Chambre d'agriculture 82

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 Rencontre technique pulvérisation :
8 pulvérisateurs agréés anti dérive testés au CEFEL

Le parc matériel se renouvelle essentiellement avec des appareils agrées anti dérive. Quels sont les appareils proposés localement, quelles sont leurs performances en matière de qualité de pulvérisation et de débit de chantier ? Quelques éléments de réponses suite à la “rencontre technique” pulvérisation du 16 septembre dernier organisée par la Chambre d’Agriculture et le Cefel. Lorsqu’il s’agit de renouveler un pulvérisateur, l’évolution de la règlementation sur la dérive (ZNT eau, DSR riverains…) et le ciblage des subventions orientent fortement le choix vers des “matériels agrées anti dérive”. En effet, seul ces types de machines permettent, moyennant de satisfaire également à d’autres conditions (présence de haie…), de réduire ces Zones de Non Traitement et ces Distances de Sécurité Riverains à 5 m …alors qu’elles peuvent être de 20 voire de 50 m en fonction des produits pour les ZNT et de 10 à 20 m pour les DSR. (Voir action agricole du 27 août 2021).

Les 8 appareils testés :
Aujourd’hui, plus de 70 modèles de pulvérisateurs arboricoles ont reçu l’agreement anti dérive. Et parmi ceux qui sont distribués localement, 8 étaient présents au CEFEL, dont 4 appareils à double turbines, 3 appareils à simple turbine et 1 appareil à 4 “turbines à aube”. Il s’agit pour 7 machines d’appareils trainés et pour une d’un pulvérisateur porté (en cours d’agréement). Tous les appareils présentés sont équipés de volutes (2.25 à 2.85 m de hauteur) destinées à diriger l’air et à réduire théoriquement la dérive. Ils sont également tous équipés de pompes à membranes, moins sensibles à certains produits utilisés en AB (argiles) que les pompes à piston. Tous les pulvérisateurs étaient également équipés d’un attelage pivotant, d’un DPAE et 4 machines étaient pourvues d’un double essieu.

Article écrit par Jean-Louis Sagnes Chambre d’agriculture 82 Sébastien Ballion (CEFEL)

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 Matériels : Des pulvérisateurs agréés anti dérive

Depuis une dizaine d’années, la règlementation sur les produits phytosanitaires et leur application, de plus en plus stricte et contraignante, amène de nombreux arboriculteurs à repenser leur parc matériel. D’autant plus que les aides à l’investissement ciblent clairement les machines les plus vertueuses en matière de performance environnementale. Revenons une quinzaine d’années en arrière. A l’époque, l’arrêté du 12 septembre 2006 crée beaucoup d’émoi dans les campagnes en basculant dans le champ règlementaire de nombreuses “bonnes pratiques” qui étaient jusque-là du domaine de la recommandation. Citons l’interdiction de traiter avec du vent de force >3, le rinçage des emballages, la vidange des fonds de cuve etc… Il n’était plus conseillé mais obligatoire de respecter ces bonnes pratiques…C’est également cet arrêté qui introduit la notion de Zone de Non Traitement (ZNT) en bordure de cours d’eau, et par conséquent la notion de dérive et de réduction de la dérive. Et quelques années plus tard, en 2008, le Grenelle de l’environnement instaure le contrôle périodique des pulvérisateurs.

Réduire les ZNT
Force est de constater que depuis, les contraintes règlementaires n’ont fait que se renforcer au fil des différents arrêtés et des différentes lois, tant françaises qu’européennes. Après plusieurs années de “mise en route “ du dispositif pendant lesquelles de nombreux produits n’avaient pas encore leur ZNT “eau”, aujourd’hui, tout est en place. Tous les produits phytosanitaires ont une ZNT “eau”. Et, progressivement, d’autres types de ZNT sont en train de se mettre en place. Une ZNT “arthropodes” et une ZNT “plantes non cibles”, qualifiées également de ZNT “terrestres”, pour protéger la biodiversité en bordure de parcelles, sur les zones non cultivées, commencent à apparaitre sur les étiquettes des nouveaux produits. Plus récemment, depuis la loi d’avenir et l’arrêté de décembre 2019, des Distances de Sécurité Riverains (DSR) à proximité des zones sensibles (écoles, maisons de retraites, hôpitaux…) et des habitations ont été établies pour l’ensemble des produits. Et le contrôle des pulvérisateurs est passé de 5 ans à 3 ans depuis janvier 2021 avec quelques points de contrôle en plus. Pour satisfaire à ces différentes exigences, la question du renouvellement du (des) pulvérisateur(s) peut se poser. En effet, un appareil neuf permet de s’affranchir des contrôles de pulvérisateurs pendant 5 ans. Et une des conditions pour pouvoir réduire les ZNT (et les DSR), c’est d’utiliser un appareil agrée “anti dérive”. Pour mémoire, les ZNT en bordure de cours d’eau peuvent varier, en fonction de la toxicité des produits sur la faune et la flore aquatique, de 5 à 50 m (nous n’avons plus aujourd’hui dans nos locaux phyto de produits avec des ZNT de 100 m) ; et les Distances de Sécurité des Riverains à proximité des habitations de 5 à 20 m. Un pulvérisateur agréé est une des conditions pour réduire ces ZNT et ces DSR à 5 m. Et donc, dans de nombreuses situations, pouvoir continuer à traiter ses parcelles en limitant l’impact sur l’homme et sur l’environnement et en respectant autant que faire se peut la règlementation

Article écrit par JL Sagnes, CA82

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